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Avant de partir en Mongolie
A l’occasion de la publication de mon
premier livre, j’ai été reçue dans les milieux parisiens de l’édition. Mon histoire était paraît-il « très intéressante » et je « devais » écrire ma biographie. Mes enfants me
l’avaient déjà conseillé.
Comme une écrevisse au fil de l’eau, je devais changer de peau, la mienne étant devenue trop étroite pour contenir ce qui m’encombrait. Il y a dans la vie une multitude de morts successives, la
perte des dents, la perte de la peau, la perte de l’enfance. Passer à l’âge mur, nous rapproche de la mort et nous dépouille de nos illusions. Chaque passage est une mort, j’avais envie de
coucher sur papier toutes ces pensées pour m’en libérer et passer à autre chose.
Après la mort, la renaissance et la vie continue.
L’idée de voyager me séduit et j’envisage d’organiser un circuit en Mongolie, une fois ce livre publié. Je vais tout d’abord vaincre ma peur des chevaux et prendre des cours d’équitation ce qui amuse beaucoup mes enfants. Leur mère est un peu originale.
Les éditrices chez qui je passais quelques instants ont été amusées lorsque je leur ai annoncé que j’ai travaillé toute ma vie pour mon plus grand bonheur. « Toujours travaillé, mais à quel âge avez-vous donc commencé ? ». « Huit ans, pendant les vacances à la campagne , c’était facile. Nous étions toute une bande de gamins , c’était joyeux ».
Je me souviens d’un entretien quelques années auparavant avec le directeur de la clinique chirurgicale où j’opérais. J’avais tenu les mêmes propos « j’ai toujours travaillé pour mon plus grand bonheur ! » et il avait répondu « moi aussi, j’ai commencé très jeune ». D’avoir expérimenté une multitude de petits boulots dès l’âge de huit ans a été très structurant. Cela m’a donné une force incroyable.
Etre un enfant et se confronter à des adultes suffisamment bons, protecteurs et permissifs rend optimiste…. mais tous ne le sont pas.
Ce directeur et moi, avons échangé nos points de vue et trouvé dommageable pour de nombreux jeunes aujourd’hui, de ne pas être confrontés à la réalité de la vie et au monde du travail. Ce n’est pas étonnant qu’ils désirent rester le plus longtemps possible chez leurs parents. Ils sont morts de trouille car mal préparés à affronter la vie. Les rituels disparaissent et il n’existe pas de service civil obligatoire nécessaire à la cohésion et au sentiment d’appartenance. Par contre , ils sont préparés à la compétition. J’ai pu constater qu’il est difficile de les inscrire à des activités uniquement pour le plaisir. Je trouve cela gravissime.
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