Le témoignage touchant d’un chirurgien sur plusieurs générations.
Qui détermine quoi ?
Je me nomme Paul Henri. Je suis mort quand j’avais sept ans. C’est mon frère qui m’a tué. Un jeu d’enfants et c’est le drame ! Mon père Magloire
meurt peu de temps après moi. Une mort violente et une intoxication, c’est trop dur pour une famille. Elle n’a plus fêté Noël. Trop d’émotions. Je souhaiterais vous raconter l’histoire de ma
nièce. Elle est chirurgien, passionnée de psychosomatique. C’est la fille de mon frère Cyprien. Il aurait préféré qu’elle soit un garçon. J’ai dans l’idée qu’il voulait me
remplacer. Je m’appelle Lina, je suis
la nièce de Paul Henri. Je ne connais pas mon petit oncle. Je ne l’ai jamais rencontré et pour cause. Aucune personne de mon entourage n’a évoqué son existence, mais, en secret, j’ai toujours su
qu’il existait. Un cadavre dans le placard en quelque sorte. Je l’ai rencontré chez un chaman et j’ai pu le quitter à tout jamais.
Quant à Justin, un lointain cousin, il est apparu tardivement
dans mon histoire. Il s’est pourtant manifesté très tôt « physiquement ». Son mystère n’a pas été élucidé.
UN EXTRAIT
Bébé souriant, la vie me sourit, elle aussi. Je suis très attachée à ma mère. Je la sens fragile. Je la protège pour qu’elle me protège en retour, sans quoi je risque de mourir. Trop
de responsabilités ! C’est dur de porter ma mère, à mon âge ! J’ai d’ailleurs failli disparaître.
D’ailleurs ?
L’oxygène recommandé de toute urgence par le pédiatre m’a sauvé la vie in extremis. Du plus loin que je me souvienne le sentiment de mort apparente, plus qu’un sentiment, une sensation vécue dans mon corps, ou les deux à la fois, sont devenus familiers et insupportables. J’ai frôlé la mort et j’en ai gardé quelques traces. D’analyse en thérapies j’ai cherché pourquoi les deux doigts de ma main droite étaient morts en certaines circonstances ? Pourquoi cette douleur dans le dos comme si j’étais transpercée par un poignard ? Ces troubles pugnaces ont résisté à tous les traitements médicaux. Je sais bien qu’il s’agit d’une histoire bizarre qu’aucun médecin n’élucidera jamais. Porter le diagnostic de maladie de Raynaud ne résout pas mon problème. Je sais au fond, qu’il ne s’agit pas d’une maladie mais plutôt d’une symbolisation de quelque chose. L’idée d’une maladie orpheline m’a effleurée. J’ai persévéré dans mes recherches, véritable nomade, consciente que la vie réserve des surprises.
Enfant je croyais que mes parents n’étaient pas mes vrais parents. J’ai toujours pensé que j’étais une enfant adoptée, un vilain petit canard.
~*~
Le témoignage touchant d’un chirurgien sur plusieurs générations.
Qui détermine quoi ?
Je me nomme Paul Henri. Je suis mort quand j’avais sept ans. C’est mon frère qui m’a tué. Un jeu d’enfants et c’est le drame ! Mon père Magloire
meurt peu de temps après moi. Une mort violente et une intoxication, c’est trop dur pour une famille. Elle n’a plus fêté Noël. Trop d’émotions. Je souhaiterais vous raconter l’histoire de ma
nièce. Elle est chirurgien, passionnée de psychosomatique. C’est la fille de mon frère Cyprien. Il aurait préféré qu’elle soit un garçon. J’ai dans l’idée qu’il voulait me
remplacer. Je m’appelle Lina, je suis
la nièce de Paul Henri. Je ne connais pas mon petit oncle. Je ne l’ai jamais rencontré et pour cause. Aucune personne de mon entourage n’a évoqué son existence, mais, en secret, j’ai toujours su
qu’il existait. Un cadavre dans le placard en quelque sorte. Je l’ai rencontré chez un chaman et j’ai pu le quitter à tout jamais.
Quant à Justin, un lointain cousin, il est apparu tardivement
dans mon histoire. Il s’est pourtant manifesté très tôt « physiquement ». Son mystère n’a pas été élucidé.
UN EXTRAIT
Bébé souriant, la vie me sourit, elle aussi. Je suis très attachée à ma mère. Je la sens fragile. Je la protège pour qu’elle me protège en retour, sans quoi je risque de mourir. Trop
de responsabilités ! C’est dur de porter ma mère, à mon âge ! J’ai d’ailleurs failli disparaître.
D’ailleurs ?
L’oxygène recommandé de toute urgence par le pédiatre m’a sauvé la vie in extremis. Du plus loin que je me souvienne le sentiment de mort apparente, plus qu’un sentiment, une sensation vécue dans mon corps, ou les deux à la fois, sont devenus familiers et insupportables. J’ai frôlé la mort et j’en ai gardé quelques traces. D’analyse en thérapies j’ai cherché pourquoi les deux doigts de ma main droite étaient morts en certaines circonstances ? Pourquoi cette douleur dans le dos comme si j’étais transpercée par un poignard ? Ces troubles pugnaces ont résisté à tous les traitements médicaux. Je sais bien qu’il s’agit d’une histoire bizarre qu’aucun médecin n’élucidera jamais. Porter le diagnostic de maladie de Raynaud ne résout pas mon problème. Je sais au fond, qu’il ne s’agit pas d’une maladie mais plutôt d’une symbolisation de quelque chose. L’idée d’une maladie orpheline m’a effleurée. J’ai persévéré dans mes recherches, véritable nomade, consciente que la vie réserve des surprises.
Enfant je croyais que mes parents n’étaient pas mes vrais parents. J’ai toujours pensé que j’étais une enfant adoptée, un vilain petit canard.
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